dimanche 5 janvier 2014

VOYAGE VOYAGE ...


Sénèque, du fin fond des siècles, tu me demandes

A quoi sert de voyager si je m'emmène avec moi

C'est d'âme que je dois changer et non de climat

Aujourd'hui cette question est pour moi une offrande



Après avoir traversé et sillonné toutes les allées

Des plats pays et des contrées les plus éloignées

J'ai changé de trajet pour aller encore plus loin

Avide d'aventures à la recherche du plus que bien



Après avoir étiré de longues boucles de circuits

Emmêlé et entrelacé mille itinéraires au but fortuit

J'ai entamé la longue traversée des plus grandes mers

Espérant le bien-être de pouvoir enfin changer d'air



D'excursions en explorations j'ai longtemps payé l'addition

Je crois bien avoir laissé mon cœur dans ces expéditions

Ce n'était plus des périples mais du simple acharnement

L'espoir fugace de trouver du bonheur dans un déplacement



A vrai dire toutes ces mers ne m'ont laissé qu'un goût amer

Je ne sais plus à qui rendre visite ce soir pour y voir plus clair

Sénèque tu sais je me sens si solitaire sur la terre à réfléchir ainsi

Mais de tes précieux conseils venus d'un autre âge je te remercie



Je vais abandonner ma course folle vers le bout du monde

Il n'existe pas et ce n'est qu'une histoire de mappemonde

Le bonheur habite sur une autre planète secrète et discrète

Ce n'est pas si loin le séjour y est offert c'est juste en moi



Alors je m'emmène avec moi et je vais voir tout là-bas

Et surtout je n'oublie pas que mon âme doit y faire la fête



Pensées vagabondes et inspirées – 05 janvier 2014



dimanche 22 décembre 2013

JOUEUR, QUI QUE TU SOIS ...


JOUEUR, QUI QUE TU SOIS ...

Jouer à la marelle

Et penser enfin rejoindre le ciel

Jouer au chat et à la souris

Et éviter tous les pièges surpris

Jouer au plus fin

Et se retrouver démasqué enfin

Jouer avec le feu

Et s'y brûler à jamais les yeux

Jouer avec sa santé

Et y perdre toute sa vitalité

Jouer d'adresse

Et perdre petit à petit sa vitesse

Jouer d'un instrument

Et ne plus entendre comme avant

Jouer des coudes

Et se faire doubler par tout le monde

Jouer le double jeu

Et perdre le pouvoir de vivre heureux

Jouer du couteau

Et remettre à nu tous ses maux

Jouer franc jeu

Et être trompé sur ses véritables enjeux

Jouer gagnant

Et perdre son engouement

Jouer carte sur table

Et cacher ses mensonges inavouables

Jouer l'étonnement

Et rire de la crédulité des gens

Jouer le grand jeu

Et se sentir tellement minable

Jouer sa réputation

Et abandonner sa situation

Jouer serré

Et finir par tout laisser tomber

Jouer sur les mots

Et tous les effacer du tableau

Jouer un rôle

Et ne plus trouver ça drôle

Jouer le tout pour le tout

Et se repentir tristement à genoux

Jouer les grands seigneurs

Et faire peur à la dame de cœur

Jouer un mauvais tour

Et avoir honte de soi pour toujours

Jouer sa vie

Et perdre sa joie et son envie



Joueur ou mauvais joueur

Qui que tu sois, aujourd'hui crois-moi

C'est à toi de jouer maintenant

Demain se jouera ton avenir et ton bonheur

Fais-en ton credo et ta foi

Joue et rejoue jusqu'à épuisement

Le temps jouera en ta faveur



Mais joue avec amour et respect

Souviens-toi de profiter maintenant

Les cartes ne seront pas redistribuées














mardi 10 décembre 2013

Se réveiller le matin ...

Se réveiller le matin ...

Se réveiller le matin des étoiles plein les poches
Contempler en silence la nature qui nous est si proche
Oublier quelques instants seulement la société frigide...
Railler cette surconsommation taxée aveugle et rigide.

Se réveiller le matin le fil des songes accroché à la lune
Lire les messages de la nature comme on lit dans les runes
Oublier l'égocentrisme de l'homme, frère de sa vanité
Gommer cette perfide sensation d'une folle humanité.

Se réveiller le matin avec l'envie de courir dans l'herbe
Oser le faire, partir et trouver cette évasion superbe
Oublier les chardons ardents qui tisonnent notre cœur
Les éteindre noyés par nos larmes en ramassant des fleurs.

Se réveiller le matin les yeux dans les nuages couleur firmament
Admirer l'arbre de la forêt, le caresser et le dessiner maladroitement
Regarder son tableau de loin et le trouver finalement très beau
L'offrir à son meilleur ami en gage de serment sacré et de cadeau.
 
 

jeudi 5 décembre 2013

LE TANT D'AIMES


LE TANT D'AIMES



Il roulait gaiement zigzagant sur le macadam

C'était un tandem comme on en voit rarement

Une communion parfaite, un tandem d'âmes

Tous deux pédalaient à l'unisson constant



Il n'avait pas vraiment de but précis en avançant

Il cheminait sur le chemin du hasard bohème

En le voyant passer ainsi on se disait souvent

Que la vie est belle quand les gens s'aiment



Parfois un jeu de mots surpris passait agilement

Et le tandem devenait tout à coup un tant d'aimes

L'amour à l'avant continuait à pédaler vaillamment

Et l'amitié à l'arrière l'accompagnait d'un élan suprême



Le tant d'aimes s'envolait alors vers des cieux cléments

Là-haut, où les routes et les chemins n'existaient plus

On l'apercevait souvent à chaque changement de vent

On entendait presque le bruit de ses pédales la nuit venue



Il suffisait d'un peu d'imagination et de poésie essaimée

Pour que ce tant d'aimes de la liberté réapparaisse le soir

Au firmament infini des galaxies et des étoiles allumés

L'amour et l'amitié réunies y riaient comme s'ils s'aimaient

Pensées inspirées, 05 décembre 2013

samedi 16 novembre 2013

LETTRE A LA LUNE

LETTRE A LA LUNE
 
Te voici ce soir fière et altière toute ronde

Tu apparais au bout de la route de mes rêves

Maîtresse des loups et reine du monde

Ta force m'attire puissante et sans trêve



Tu règnes dans l'immensité depuis l'éternité

Le cycle de la vie te ramène toujours à moi

Sombre rendez-vous ou inéluctable nécessité

Tu me scrutes de ton blême visage en émois



Tu les a si souvent asservis sous ton joug

Usant de ta force et de ton fluide blafard

Femmes lunatiques ou alors pauvres fous

Devenus esclaves de leurs pires cauchemars



Amie des cyclones et mère de la procréation

Nous tournons devenus à ton rythme prisonniers

De là-haut tu continues à scruter notre condition

Nous espérons en ta clémence d'astre argenté



Tu resteras toujours mère de mes profonds mystères

Je t'aime même si tu me répulses et m'attires à la fois

J'habite sur ta plus proche amie je crois que c'est la Terre

Tu restes ma fidèle ma nécessité le pourquoi de ma foi

 
http://www.youtube.com/watch?v=_l0dvMs3Vy8



mercredi 13 novembre 2013

ON SE RETROUVERA


ON SE RETROUVERA



Nous reviendrons bientôt au bord de cette mer

Tu m'expliqueras la terre avec des coquillages

J'écouterais ta voix si douce après la colère

Résonner sur cette immense et déserte plage



Tu tiendras à nouveau ma main comme avant

Nous perdrons nos yeux dans le lointain rivage

Sans réfléchir au pourquoi ni au comment

Et les embruns salés caresseront nos visages



Je sais que le soleil là-bas se lèvera à nouveau

Sur l'horizon fragile de nos vies décalées

Le temps s'arrêtera ce jour-là comme un bateau

Ivre du moment et de l'instant enfin savouré



Tu me regarderas et doucement me dévisageras

Comme si tu me découvrais fragile inconnue

J'aurais besoin de toi et tu le sauras cette fois

Tu m'auras retrouvée alors que j'étais perdue
 
 

dimanche 10 novembre 2013

LE VENTRE DE LA FORÊT


LE VENTRE DE LA FORÊT





Au loin au bout de cette route pointait l'orée de la forêt

Il allait enfin pouvoir y pénétrer et seul s'y abandonner

Le chemin y grimpait et il allait tout doucement le gravir

Pour profiter de cet instant béni qui attisait son sourire



Ses pas harassés se faisaient de plus en plus légers

Il accédait sans le savoir à cet havre serein de paix

Les feuilles amoncelées dans leurs tapis automnal

Lui déroulaient la route éternelle vers son Graal



Son cœur et ses tempes tapaient et s'accéléraient

Que ce bruit sourd devenait doux et inaccoutumé

Le vent dans les arbres soufflait sa folle mélodie

Tant de notes tintaient inconnues et étourdies



Il s'arrêta pour humer les parfums de la nature

Une rivière naquit dans ses yeux embués

Il ramassa une feuille pour lire dans ses nervures

Son avenir appartenait à ces sous-bois enchantés



Ses larmes coulaient et la feuille fragile frissonnait

Il la garda dans sa poche serrée tout contre son cœur

Il venait d'entrer doucement dans le ventre de la forêt

Sans un bruit il effaçaient ses anciennes rancœurs



A chaque arbre rencontré une histoire ici et là germait

Ils étaient sa famille si heureux de les retrouver

Il effleurait parfois leurs troncs cicatrisés et il pensait

Que cet échange intemporel était sublime et intense



Sur le tapis de mousse traversé il rencontra la douceur

Ses pieds s'y enfonçaient et il touchait enfin au mot bonheur

Devant lui resplendissait l'élégante reine rouge du peuple boisé

Une gracieuse amanite étirait sa silhouette et tirait son chapeau



Rouge étoilée de blanc il la trouva merveilleuse et sublime

Mais sa beauté éclatante il n'en deviendrait pas victime

Il connaissait bien trop la vie pour se laisser ainsi méprendre

Il avait appris dans la forêt il avait vécu sans toujours comprendre



C'est autre chose qui l'attirait maintenant inopinément

Il sentit un appel lointain comme une douce présence

Il avança vers les fougères imposantes maladroitement

La lisière du bois était toute proche son âme la pensa



Là au milieu du dernier et ultime tapis de mousse

L'attendait secrètement une toute petite tête marron

Un peu gauche un peu timide mais recherchée par tous

Il crut bien que celui-là lui était destiné : son champignon



Il ne le cueillit pas de suite il préféra l'observer un moment

La rivière de ses yeux refit surface larmes de bonheur

Il le sépara alors de sa terre nourricière tout doucement

Et le déposa dans sa besace pleine d'espoir et d'apesanteur