LA CHAISE VIDE ©
La vie qui battait son plein était passée si vite
Protégé dans son écrin au delà de nos mérites
Elle était assise ici et je nous pensais éternels
Comme sur la cime on voit les neiges irréelles
Je l’entendais rire et je la regardais vivre
Ne jamais mourir était écrit dans notre livre
Et pourtant un matin je ne m’y attendais pas
Elle est partie au loin me laissant son trépas
Elle n’est plus assise ici et je ne peux que pleurer
La colère qui épuise et puis la valse des années
Je n’ai jamais écouté son appel à l’aide lointain
J’ai préféré ma déroute la regardant avec dédain
Chaque jour passant elle me criait son amour
Noyé par des courants abyssaux je suis resté sourd
Le rythme de la vie s’est tout doucement arrêté
La pendule a gémi dans un dernier carillon sonné
Elle n’est plus assisse ici plus jamais elle ne le sera
Je ne l’ai pas comprise la vie est éphémère ici-bas
J’aurais dû la serrer dans mes bras et le lui dire
Lui dire que j’aimais tant son âme et son sourire
Aujourd’hui je parle tout bas à cette chaise vide
Je l’aime si fort que mon aura a un goût acide
Je crève de son absence et je l’imagine toujours
Assise comme une évidence au soleil de l’Amour
La vie nous séparait mais nos cœurs s’aimaient
Elle est partie en ne sachant pas comme elle comptait
Désabusée de devoir me supplier de le lui montrer
Elle est partie et me laisse son absence et mes regrets
