mercredi 20 mai 2015

INSTANTS d'APESANTEUR


INSTANTS d'APESANTEUR
Instants d'apesanteur volés
Dans une journée ajournée
Instants de communion fragile
Partagés sur le rebord d'un cil
Instants de frêle complétude
Qui guideront toutes leurs attitudes
Instants d'addictions aux voluptés
Qui s'envolent vers des cieux bleutés
Instants bénis des ultimes promesses
Détruites par une horloge en liesse
Instants de bonheurs empruntés
A une vie aux tic tac déréglés
Instants de symbiose avortés
Dans les rayons d'un soleil d'été
Instants qui s'égrennent et se sèment
Entre deux êtres unis qui s'aiment
Instants envolés vers un ciel secret
Comme des ballons de joie relâchés
Instants colorés et délavés pour toujours
Aux effluves âpres du temps qui court
Instants
Instants
Moments
Moments
Entre le tic et le tac,
Qu'y a-t-il vraiment ?
Entre le tic et le tac
Se cachent deux amants.
Entre le tic et le tac
Ils prennent leur temps.
Entre le tic et le tac
Résonne un millième de seconde
Que l'horloge laisse échapper
A chacune de ses respirations.
Je courrai tout autour du monde
Je poursuivrai le temps oublié
Je rattraperai ces instants moribonds
Ces millièmes de secondes évanouies que personne ne voit
Sauf les amants fous qui les laissent glisser entre leurs doigts
 
photo : Glauco Dattini
 







samedi 16 mai 2015

TOILE DE VIE


TOILE DE VIE



Petit à petit leurs visages s'étaient éloignés

Juste une petite toile s'était tissé entre leurs yeux

Brodée de silence et piquée de non dits étouffés

Cachant la face de leur âme qui les rendait heureux



Petit à petit cette toile avait grandi

L'araignée du temps qui passe avait filé son piège

Ils ne se parlaient plus et vivaient dans les débris

Débris d'un bonheur brisé sur l'immaculée neige



Petit à petit leurs yeux devinrent aveugles

Le cessité de l'ennui avait gangrené leurs regards

La vie devenait âpre et terne sous tous ses angles

La toile se tinta alors de sombre il était trop tard



Petit à petit deux mondes naquirent

Deux territoires éloignés derrière la toile figée

Étaient nés de leurs silences et absence de désir

Les belles broderies perdirent leur vive beauté



La toile fragile se déchira bientôt

Les fils tendus n'avaient hélas pas pu résister

Leurs vies effilochées tombaient en lambeaux

Plus rien n'existait sinon ces fils épars et usés



La toile avait disparu de leur vue

Ils levèrent enfin la tête contournant la fatalité

Ce qui les séparait avait éclaté et était décousu

Ils se redécouvraient amants perdus et aimés



L'araignée de leur cœur mourrait

Le sourire vint dessiner son arc sur leurs visages

Leurs mains s'étirèrent et se joignirent à jamais

L'épreuve de la toile n'était pas un mauvais présage

16 mai 2015 – Broderies d'un soir



jeudi 14 mai 2015

JE NE SAIS RIEN

JE NE SAIS RIEN ©
écrit par Christel Lacroix auteur
 
Je ne sais rien et je me pose des questions
Je me pose des questions et je ne sais rien
alors je veille tard et je tourne en rond 
Comme si la nuit allait répondre au loin

Ai-je vraiment envie de savoir pourquoi ?
Des questions des quand des où des comment
La nuit ne me laisse hélas plus le choix
Je réfléchis au delà de moi et puis du temps

Je ne sais rien et puis je veux tout savoir
Un peu honteuse de cet ambition folle
Je regarde l'horizon mais il reste noir
La nuit les doutes ont souvent le beau rôle

J'essaie d'oublier mais j'y pense encore 
Les étoiles ne m'éclaireront pas ce soir
La voie lactée me dira que j'ai tort
Mais je n'écouterai pas ce vil espoir

Je regarde le monde il est si grand
Je respire la vie elle est pleine d'entrain
Pourquoi alors la tristesse d'un enfant ?
Pourquoi la mort au bout du chemin ?

Pourquoi tant de dieux qui s'entretuent ?
Pourquoi la haine au delà de l'amour ?
Je ne sais rien et je me sens nue
Nue de sensations et cachée du jour

Je ne saurai jamais pourquoi je veux savoir
C'est juste la force d'un insondable espoir
Celui d'apercevoir un bout d'univers caché
Et de savoir qu'on est plus seul à chercher
 
 

lundi 11 mai 2015

un grand voyage programmé

Aujourd'hui mes couleurs mettent les ailes pour s'envoler

vers les Etats-Unis

Beau voyage trans-Atlantique


dimanche 3 mai 2015

TROIS SOLEILS DE SUSPENSION...

Poésie écrite et lue sur ce lien par
Christel Lacroix auteur
https://www.youtube.com/watch?v=k-yPn_BNDEc
(écrits protégés)

Ils s'écrivaient parfois des mots blancs
Sans artifices dans un sobre dénuement
En les lisant ils reprenaient leurs couleurs
Et faisaient battre à nouveau leurs cœurs

Ils s'écrivaient parfois des phrases vides
Qui sommeillaient telles des chrysalides
Pour se libérer un jour dans un ultime vol
Quand la lecture réveillait leurs âmes folles

Ils n'avaient pas vraiment besoin de lettres
Pour correspondre et comprendre leurs êtres
Nul point final pas de virgule ni de guillemets
Seuls les silences avaient la force de ponctuer 

Entre chaque mot se révélait un détail aimé
Un fleur éclose ou un oiseau nouveau-né
Ils savaient en distiller la joie pour l'écrire
Ils avaient cette façon bien à eux de se lire

Le vert de la prairie nourrissait leurs vers de poésie
Le bleu du ciel gommait les bleus des âmes meurtries
Le rouge du coquelicot osait parfois les mots d'amour
Le rose de la fleur les encourageait à se faire la cour

Entre ces riens et ces touts ils aimaient se cacher
Nul besoin pour eux de point d'exclamation à hurler
Ils avaient enterré tous leurs points d'interrogation 
Parfois suffisaient juste trois soleils de suspension

(tableau de Ina Lukauskaite)
 
 
 

Le vestiaire des anges va-t-il bientôt s'ouvrir ?

J'ai enfin mis de l'ordre dans mon vestiaire des anges.
Il y avait des plumes, des vers, des poésies, dans chaque recoin.
J'y ai retenu 81 poèmes de ma plume.

Partis à ce jour à la conquête des éditeurs.

Une aventure poétique à suivre dont je ne manquerai pas de vous faire part des rebondissements.

mercredi 1 avril 2015

UN CONCERTO DE MOTS


UN CONCERTO DE MOTS
Mes yeux perdus dans les reflets du saxo
Rêvaient en musique sur de fragiles tempos.
Je cherchais dans le vide la douce lettre à élise
Qui s'envolait sublime et légère comme une brise
Vers un firmament cristallin de mélodies enjouées.
De magnifiques notes de musiques ailées
Dansaient maintenant tout là-haut sur le toit
Et le piano en cadence s'en donnait à cœur joie.
Le basson fier et altier roi des instruments à vent
Entra alors en scène à mon plus grand étonnement.
Je m'imaginais soudain princesse à la cour du château
Ou troubadour un peu fou sur le parvis le plus haut.
Les époques s'entrechoquaient entre chaque note
Tout se mélangeait si bien sans aucune faute.
Je suis allée à la claire fontaine au clair de la lune,
J'ai senti souffler le mistral gagnant sur une dune,
J'ai applaudi la guitare délivrant son ode à la vie,
J'ai fermé les yeux emportée par les rythmes de Verdi,
Je me suis accrochée à cette folle ribambelle de notes
Et me suis envolée tel un cerf volant au pays de la clé de sol ...
 
 
 


samedi 7 mars 2015

MOTS D'AILES ECRITS SUR LE FIL D'UN SOIR


MOTS D'AILES ECRITS SUR LE FIL D'UN SOIR



Un papillon flamboyant déploya ses ailes

Ce soir il allait mourir bien trop tôt

Il s'en moquait sa vie aura été si belle

Éperdument libre dans ce monde clos



Une idée lumineuse germa dans sa tête

Ce soir elle l'aurait oublié à tout jamais

Elle s'en moquait cette pensée désuète

Aura réussi à frôler les ailes de la liberté



Papillon ou idée la liberté est un trésor

Éphémère sensation au sommet de tout

Chacun aura choyé une nuit ses ailes en or

Chacun aura aimé un jour en devenir fou



Elle était heureuse et souriait à l'instant

Envolant son cœur en un seul battement

Chrysalide naissante ou robe à volants

Inspirant la légèreté du sublime moment

























VENTOSE


VENTOSE

Le vent,
Il est comme ça,
Indiscipliné et insolent
Il souffle où il veut et puis s'en va

Le vent,
Il est comme ça,
Il secoue l'âme du toit
Il féconde les fleurs du printemps

Le vent,
Il est comme ça,
Sa bise cingle cruellement
On le respire et puis on réveille ses émois

Le vent,
Il est comme ça,
Les atomes de l'univers se mélangeant
Vont donner à la terre renouveau et mille joies




vendredi 6 mars 2015

JE T'AIME DES MOTS

JE T'AIME DES MOTS

En écoute ici :
https://www.youtube.com/watch?v=e99LZggrO7o&feature=youtu.be



Un jour il avait plongé la couleur de ses yeux dans les siens

Mais il ne savait pas comment lui avouer son émotion infinie

Les mots avaient volé jusqu'à lui saisissant son ultime dessein

Les mots avaient soudain brisé le silence sans faire de bruit



Il l'avait serrée si fort dans ses mots qu'il s'en souvient encore

Elle avait écouté battre le tempo de ses phrases contre son cœur

Seuls avec la farandole des lettres ils avaient danser avec les mots

Tout contre lui tout contre elle ils avaient dessiné le mot bonheur



Sur le sable de leurs retrouvailles ces mots sculptés pour toujours

Brillaient au soleil apothéotique de leur belle histoire naissante

Les mots les enveloppaient de leur douceur enfin mise au jour

Ils se laissaient lentement consumer par cette chaleur bienfaisante



Elle avait alors embrassé chacun de ses mots sans plus y penser

Il était doux de laisser ces mots écrire lentement leur folle histoire

Ce n'était que des lettres alignées mais leur puissance les assiégeait

Les mots se diluaient dans leur sang illuminant la magie d'un soir



Il plongeait dans les mots de son regard elle avait les larmes aux yeux

Des larmes de mots ce ne pouvait être qu'un cadeau des divinités

Un présent cueilli une nuit parmi les étoiles de nos nobles cieux

Une offrande de l'au delà pour deux âmes sœurs un peu esseulées



A l'encre de l'instant il avait murmuré des mots sans les prononcer

Sur le papier froissé de sa vie elle avait entendu ses aveux secrets

Dès le premier mot dévoilé ils avaient tourné la page de ce livre

L'histoire qui s'écrivait dans la marge les rendait tellement ivres



Sans les mots ils ne se seraient jamais arrêté sur le bord du chemin

Ils ne se seraient jamais vraiment regardé par seule peur du destin

Il avait doucement caressé ses mots avec respect et admiration divine

Que chaque lettre tatouée colle encore et à jamais à sa peau angevine



Leurs vies se mélangeaient leurs mots s'unissaient ce devait être écrit

Sur un vieux parchemin ou sur le bas relief d'un temple abyssien enfoui

Leurs mots ne faisaient plus qu'un et les réunissaient à fleur de peau

Délivrée et heureuse elle s'endormit ce soir là tout contre ses mots



En apesanteur sur le fil du temps il chuchota alors cette phrase éternelle :



…......................je t'aime des mots ...